Célibataire
Journaliste communautaire

Aime les activités culturelles et sportives

Michel,  60 ans

N'a pas choisi
d'être sans-abri.

Mon parcours est assez complexe.

J’ai 60 ans. J’ai un secondaire 5, scientifique. J’ai aussi fait un peu d’informatique et quelques cours de psychologie à l’université. J’ai fait 300 heures de relation d’aide dans une clinique privée, et j’ai travaillé un petit peu dans un studio, comme caméraman-journaliste communautaire.

Tous sujets intellectuels, concernant la science, au sens le plus large, m’intéressent. L’art également : au niveau de sa conception. Je ne suis pas quelqu’un qui travaille de ses mains, tel que le fait un peintre ou un sculpteur. Je m’intéresse d’avantage au jeu des comédiens, au cinéma, à la littérature. Je lis énormément de choses différentes.  

J’ai fait des activités physiques également. Durant une période de ma vie, j’étais toujours sur un terrain de jeu, je faisais beaucoup de cardio. J’ai besoin de bouger. 

La cause de mes problèmes, c’est principalement le jeu. Un aspect de ma personnalité fait en sorte que j’ai besoin d’adrénaline. Je me serais vu dans la peau d’un aventurier… mais ce n’est pas possible aujourd’hui! Le jeu provoquait une sensation que, plus jeune, je trouvais dans le hockey, ou ailleurs,  mais que je ne retrouvais plus dans ma vie d’adulte. Je sais qu’un travail à cinq jours par semaine, à la maison, sans excitation, ça ne me convient pas. Il faut que je cherche autre chose.

Pour moi, c’est une déformation de ma personnalité.  Une insatisfaction face aux emplois que j’ai eus. Le jeu, c’était une compensation. Évidemment, depuis des siècles que le jeu existe, ça mène toujours à la perdition d’individus. On n’est jamais gagnant, avec le hasard.

Vivre dans la rue, j’ai trouvé ça difficile. On y est déstructuré et il y a toute une remise en question qui s’en suit : pourquoi c’est arrivé ? Même si parfois ça semble évident, la situation est toujours plus complexe que les évidences elles-mêmes.

La première fois que j’ai réalisé que j’avais des problèmes de jeu, j’ai décidé de suivre une thérapie à Dollard-Cormier. Je me suis stabilisé. Mais tout d’un coup, tout s’est écroulé.

Je ne sais pas combien de temps j’ai passé dans la rue. La première fois, c’était proche d’un an.  La deuxième fois, j’ai tout de suite mis quelque chose en place pour me stabiliser. Ça ne m’a pas pris tellement de temps avant d’aller demander de l’aide.

Je venais de sortir d’une relation difficile. À ce moment-là, je faisais un travail sur la route, assez stressant,  et j’ai un peu perdu le contrôle. Mais le jeu n’était pas en cause. Je voulais tout abandonner, à un moment donné. Je ne savais plus où j’en étais.

C’est durant cette seconde mauvaise passe  que je suis venu à la Maison du Père. Étonnamment, moi qui a la critique facile, j’ai aimé ça. Ça me faisait penser à lorsque j’étais plus jeune, que j’allais à l’école. Seulement cette fois, j’étais avec des gens qui vivaient une situation complexe, comme moi. J’ai trouvé ici un réseau de gens avec qui, malgré mes difficultés, je pouvais jaser,  jouer aux cartes : choses quotidiennes desquelles on s’éloigne, quand on est envahi par le stress, qu’on vit des problèmes conjugaux. Cette absence de conflit, cette camaraderie m’a fait du bien. Quand on est jeune, on a des amis, des voisins, nos frères et puis on joue à la balle. Mais après un certain temps, tout le monde s’éparpille. On vit des conflits, on se perd de vue. C’est grâce à la Maison du Père que je me suis remis de ça.

Je profite beaucoup des activités proposées ici, surtout les activités culturelles – cinéma, littérature, journal, revue de presse, etc.  Je n’aurais jamais pensé me retrouver encore une fois sur un terrain de baseball!

Pour l’avenir, j’ai quelques projets, à court terme.  

D’abord, j’ai compris que pour le moment, la seule manière de contrôler mon problème, c’est la fiducie. Les thérapies m’apportent moins : il y a beaucoup de choses que je comprends mieux qu’avant. J’ai besoin de temps, pour me restructurer. Ça risque d’être long, mais je suis patient.

J’aimerais me payer une formation. Parce qu’actuellement, j’ai besoin de bouger. Quand je n’apprends rien,  on dirait qu’il me manque quelque chose. Ça fait déjà deux mois que je suis là-dessus. Je dois rencontrer un conseiller d’Emploi Québec, pour une 2e fois, qui doit me proposer des choses selon les tests de personnalité que j’ai passés.

Aussi, j’aimerais beaucoup me remettre à l’entrainement.

Pour le logement, je vais devoir attendre d’avoir terminé mes formations… et de me trouver un emploi.

 
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