Participant, Maintien en logement

Louis-Olivier , 35 ans 

N'a pas choisi
d'être sans-abri.

 Je ne suis pas né dans la rue.  J’ai grandi dans une famille traditionnelle. Mes parents avaient un bon emploi.  Je n’ai jamais manqué de rien. J’étais un sportif.  Au secondaire, j’étais dans un programme de sport-étude.  Je performais au hockey, au baseball. J’étais populaire auprès des élèves. J’aimais jouer, le sport c’était ma vie.

Tout a dérapé suite à une blessure au genou.  Je ne pouvais plus performer au hockey comme je le faisais avant.  J’étais en tab… contre la vie.  J’ai abandonné mes amis en sport-étude pour me tenir avec d’autre monde à l’école qui faisait partie de gang de rue.

J’ai aussi connu à peu près au même moment un homme qui venait de sortir de prison et qui m’a tout montré du métier : trafic de drogue, protection de commerce, vol.  Je me suis rapidement trouvé une nouvelle passion : faire de l’argent rapidement.  Pendant deux ans, j’ai nagé dans ce milieu sans trop toucher à la drogue.  J’en consommais à l’occasion, mais ce n’était pas un problème.

Mais ça n’a pas duré.  Au début de la vingtaine, je suis devenu accro à la coke.  La game a changé, car tout mon argent y passait.  Ca été la déchéance pendant 5 ans.  Chaque jour, je devais trouver l’argent qu’il me fallait pour consommer.  J’ai tout fait.  Même voler des gens de ma famille.

 

 

À 27 ans, j’ai décidé que ça devait s’arrêter.  J’ai repris mes études et fait un DEP en plomberie-chauffage.  Mais je consommais toujours et je n’étais pas vraiment motivé. 

J’ai ensuite rencontré une femme qui avait des enfants.  Les enfants m’ont sauvé la vie.  Je les aimais et je savais qu’ils comptaient sur moi. Je me suis donc repris en main pour eux.  Je ne consommais plus suite à une thérapie à Dollard-Cormier.

Toutefois, la relation que j’avais avec leur mère était malsaine.  Je restais à cause des enfants.  J’étais attaché à eux.  Ils me disaient va-t’en pas loulou.

Toutefois, la relation que j’avais avec leur mère était malsaine.  Je restais à cause des enfants.  J’étais attaché à eux.  Ils me disaient va-t’en pas loulou.

À un moment donné, j’ai dû faire un choix : me choisir.  J’ai dû tasser tout le monde autour de moi pour m’en sortir.  C’est la chose la plus difficile à faire.  Briser les liens avec des gens que tu aimes.

Je me suis retrouvé à la rue et seul.  On m’avait parlé de la Maison du Père mais je ne voulais pas y aller.  J’avais des préjugés sur les itinérants.  Moi, je n’en étais pas un. J’avais peur, j’étais gêné.  Mais je n’ai pas eu le choix d’y aller.

Quand j’ai connu les gars de la rue, mon regard a changé.  Oui, il y en a qui ont un peu choisi cette vie-là, mais la majorité ne l’ont pas facile.  Y’en a qui ont des problèmes de santé mentale, d’autres qui ont des problèmes de drogue et qui n’arrivent pas à s’en sortir.

C’est dur de faire le premier pas.  T’as peur des jugements.  Tu te dis que t’es capable de t’en sortir seul, mais tu t’enfonces. 

Je ne remercierai jamais assez la Maison du Père.  Aujourd’hui, je suis dans leur programme de réinsertion sociale.  C’est extraordinaire ce qu’ils ont fait pour moi : renouvellement de mes cartes d’identité, demande d’aide sociale, inscription à l’école.  Ça semble des choses faciles comme ça mais ça ne l’est pas quand t’es dans rue et que t’as pas d’adresse.

À la Maison du Père c’est propre, c’est bon, le personnel est gentil. 

J’ai finalisé dernièrement mon secondaire V et je suis inscrit au cégep pour septembre en intervention en délinquance.  J’ai tellement fait de mal à du monde, que ce que je veux faire maintenant c’est aider.  Tout ce chemin, je l’ai parcouru en 6 mois grâce au soutien de la Maison du Père.

 

Merci à vous qui soutenez sa mission,

Pour que la rue ait une issue…

 
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