Jean-Marie

Bénévole

Psst... vous pouvez écouter Jean-Marie raconter son histoire!

Pour le public, Jean-Marie Lapointe est un comédien et un artiste reconnu, un grand homme athlétique et souriant, et hyperactif dans tous les médias. Mais pour nous, à la Maison du Père, c’est Jean-Marie le bénévole, qu’on rencontre chaque mercredi alors qu’il nous sert le café et nous parle de tout et de rien. Malgré ce dédoublement de rôles, à la Maison, Jean-Marie dégage pourtant la même énergie, la même bienveillance et le même volontarisme qu’en public. C’est lors d’un de ces mercredis que Jean-Marie nous a généreusement offert de son temps pour mieux comprendre ce que le bénévolat peut lui apporter.

 

Jean-Marie est très impliqué dans la lutte contre l’itinérance. Pourquoi? Ce qui l’a sensibilisé à l’itinérance, c’est d’abord une collaboration avec le journal L’Itinéraire, et surtout le bénévolat à la soupe populaire de la Mission Bon Accueil. C’est ainsi qu’il est entré en contact avec la réalité de l’itinérance. Cette expérience « change complètement mon regard, dit-il, parce que c’est plus juste “eux et moi”, c’est un “nous”, parce que la ligne est mince entre les gars dans la rue que j’ai rencontrés et moi. Moi, où est-ce que je serais rendu si j’avais pas eu telle personne pour m’aider quand j’ai eu des problèmes d’ordre financier, d’ordre personnel ? J’avais un tissu social, j’avais des gens qui pouvaient m’accompagner dans ma détresse. Mais j’ai rencontré beaucoup de gens dans la rue qui n’avaient pas ce tissu social-là, qui n’avaient pas cette toile qui pouvait les empêcher de sombrer dans la rue. »

Ce contact fait naître un intérêt et, quelque temps plus tard naît la série télévisée Face à la rue, animée par Jean-Marie. « Face à la rue m’a ouvert les yeux du cœur. Et, après ça, j’ai pas voulu arrêter de m’engager, ajoute-t-il, parce que tout le long que je faisais la série, j’en faisais du bénévolat ». Après la fin de la série, pendant la pandémie de la COVID-19, en mars 2020, il revient donc à la Maison du Père pour donner de son temps, car un ami employé lui avait fait part des besoins importants de bénévoles à la Maison. « Donc moi, quand la série arrête, j’arrête pas de m’engager dans le bénévolat : je suis touché par la cause », insiste-t-il.

Jean-Marie ne regrette rien. Il se rappelle qu’André Robitaille, le comédien-animateur québécois, avait dit : « Le bénévolat, c’est pas payant, mais c’est enrichissant. » Jean-Marie renchérit : « Tu donnes du temps, mais en retour, tu reçois tellement de choses. Puis, j’ai pas besoin de convaincre les bénévoles, les bénévoles le savent. Ils savent ce qu’on reçoit dans notre engagement, dans le fait de tendre la main. J’ai toujours l’impression de recevoir beaucoup plus que ce que je donne. […] Ça m’habite. Je suis attaché à la clientèle, je suis attaché à nos résidents, je suis attaché au staff. »

Jean-Marie.jpg

Cet attachement est évident lorsqu’il sert le café aux usagers de la Maison. Il apprend par cœur le nombre de laits et sucres que prennent les usagers. Cela lui permet d’avoir le temps d’échanger sur des choses plus personnelles. Il leur demande : « “Comment ça va? Comment il va, ton diabète? T’es-tu allé chercher de l’aide? As-tu retrouvé ta famille? As-tu passé des vacances?” On vient à établir un lien le temps d’un 30 secondes ou d’une minute qu’on passe avec la clientèle, et c’est ça qui est précieux, parce qu’on fait pas juste servir à manger ou à boire. On est en contact. On établit une relation. Même si elle dure 30 secondes, ce 30 secondes-là est riche, autant pour toi, l’autre bord du comptoir, que moi, qui te sert. Donc, c’est peut-être ça le cœur de l’engagement bénévole : c’est la richesse du contact et des rencontres, et que, le moindrement que tu as des préjugés […] ils fondent comme neige au soleil. » Suite à ce contact, Jean-Marie affirme qu’il se rend compte « que j’ai en face de moi un être humain comme moi ».

C’est pourquoi Jean-Marie propose aux gens de devenir bénévole : « Moi, j’invite les gens à l’essayer […] Moi, ce que j’aime à la Maison du Père, c’est qu’on a un contact direct. […] Nos bénévoles, on leur donne une tâche le fun, celle de servir », laisse-t-il savoir. « Donc, on a une gratification instantanée. On sent qu’on fait quelque chose qui nous fait du bien, on sent qu’on fait une petite différence, et c’est de même tout le long de la durée de notre service. Donc, c’est ce que j’aime de la formule à la Maison du Père : premièrement, on est bien traités, les bénévoles sont bien traités, on a un repas assuré [à chaque midi], et on est reconnus, je me sens reconnu, il y a des gens qui nous disent “merci” […] les gens apprécient notre présence. »

« Moi, c’est mon expérience, donc j’ai envie de dire aux gens : ça vous tente de donner un peu de temps […] bien, venez. […] Tu sais, moi, le matin, je médite, je vais au gym pour ma santé physique. Mais pour ma santé spirituelle, pour ma santé morale, l’engagement bénévole me donne du gaz. […] Ça, pour moi, c’est essentiel, l’engagement bénévole donne sens à ma vie. »