Une belle histoire
Tout a commencé en 1969. L’archevêque de Montréal, Mgr Paul Grégoire, à l’époque, rêve d’une maison pour ses amis les itinérants, un lieu où « l’homme de la rue pourrait retrouver sa dignité ». Mais à qui peut-il confier cette mission?
Quelques mois plus tard, l’abbé Guy Laforte demande à le rencontrer. Il lui fait part de son désir de se rendre en Argentine, à titre de missionnaire, pour secourir le peuple des bidonvilles.
Mgr Grégoire lui propose alors un défi tout aussi intéressant: celui de devenir l’aumônier des clochards de Montréal.
Après deux semaines de réflexion, l’abbé répondit à Mgr Grégoire : « Oui. Je vais m’occuper de ces gars-là. »
Il sillonne d’abord les rues de Montréal pour mieux connaître le monde des sans-abri. Rapidement, ses objectifs se précise. : « J’aimerais former un petit groupe de clochards qui auraient comme travail de s’occuper de leurs frères-clochards….Chez moi, je veux qu’ils retrouvent une raison de vivre en prenant conscience qu’ils peuvent être encore utiles. ».
« Je ne veux pas mettre sur pied une œuvre charitable qui ne ferait qu’entretenir leur misère… Je veux aider ces hommes à devenir responsable. »
Ses recherches pour trouver un gîte s’avèrent assez difficiles. Mais il trouve finalement pignon sur rue au 1185 rue St-André. C’est une maison de quatre étages, divisée en 38 pièces. La place idéale…après de bonnes rénovations. Pour y arriver, l’abbé Laforte peut compter sur sa famille et ses amis, mais également sur les sans-abri qui viennent lui prêter main forte en échange d’un lit pour dormir.
Tous sont les bienvenus à la Maison du Père, comme la nomme les itinérants qui s’y réfugie, puisque pour eux c’est celledu Père Laforte. L’abbé n’impose qu’une seule condition à leur admission : Pas d’alcool dans la Maison.
Aux premières semaines de 1970, le réaménagement de la maison est terminé et 60 lits sont disponibles pour les sans-abri. Une douzaine d’hommes des premiers jours y demeurent et assurent le fonctionnement de la maison : accueil, cuisine, entretien, lessive.
Au dire des témoins de cette époque : «Ce qui frappe quand on entre à la Maison du Père, c’est le climat qui y règne, un climat de chaleur et de gaieté.» Plus qu’un centre d’accueil, c’est un lieu d’épanouissement et de réhabilitation pour ceux qui le désirent.
Depuis sa fondation, la Maison du Père a déménagé, connu de nombreuses rénovations et multiplié ses services. Toutefois, la volonté du Père Laforte d’en faire un lieu où l’homme de la rue peut y retrouver sa dignité, a été respectée.
Bien que la majorité des employés soit à présent des laïques, comme c’est le cas pour la directrice générale, Madame France Desjardins, la Maison du Père demeure l’une des œuvres de l’Archevêché de Montréal. 5 Trinitaires, dont le Père Sylvio Michaud, directeur associé, accompagnent les 70 employés qui oeuvrent dans les divers secteurs de la Maison. Ils sont conseillers cliniques, intervenants psychosociaux, responsables de l’accueil, cuisiniers, buandiers, concierges ou administrateurs. Ces employés sont appuyés par près de 120 bénévoles.
De plus, tout comme au premier jour, la Maison peut compter sur ses gars pour donner un coup de main à son entretien.
Une belle histoire…